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Récemment, un fan véritable a déclaré, au sujet de mes textes :
– Incroyable, on a beau savoir que la chute a de fortes chances d’être absurde, on n’en lit pas moins scrupuleusement l’entier de tes délires!
Il se trouve que je n’ai jamais eu la moindre intention de construire un texte de manière classique; la conclusion n’en est jamais une, le développement ne développe rien, et le préambule est à la limite de l’ambulatoire.
Tenez par exemple : pourquoi donc persistez-vous dans la lecture de cette histoire ? Probablement parce que votre esprit cherche à fixer le rapport entre les mots et le titre. Pour l’instant, rien ne transparaît, alors vous m’accordez encore un peu de votre temps. Il s’agit bien plus d’arabesques dont l’entier ne se dévoile qu’au début, pour autant qu’on connaisse la fin. Le temps s’abolit, sa direction s’inverse et, pour une fois, la réalité diffère de ce qu’on nous en a appris.
Je suis à Angers. Je ne vais rien vous cacher mais, après Nevers, il s’agit de la seconde étape vers une Bretagne cidrifère que nous atteindrons demain, ma douce et moi. Pourquoi Angers ? Pour la simple et bonne raison que je ne connaissais pas cette ville et que je voulais moi aussi goûter à la célèbre « douceur angevine ».
Car, voyez-vous, tout ne tient souvent qu’à un adjectif ! Dans « angevin », il y a « ange »; ne promet-ce point de divins délices ?
Lecteur, lectrice, ton subconscient aura j’en suis sûr fait le travail; n’y aurait-il pas dans « angevin » d’autres délices, plus terrestres ceux-ci ?
Relis maintenant le titre de ce texte, pour n’en point perdre la tension.
Sur la même lancée, nous traversâmes peu après midi le Berry. A le lire ainsi, ce mot n’évoque-t-il pas immédiatement la vieille noblesse de souche française ? Nous ne somme pas loin de la « du Barry ». Pourtant, l’adjectif dérivé est le vulgatoire « Berrichon »; sans indulgence, on nous propulse sur la paille de la grange, avec l’accorte servante de la ferme aux attributs avantageux, dans une odeur de fromage du cru. On la peloterait bien, mais elle se défile, c’est un comble. Le suffixe « -ichon » désacralise immédiatement l’entier du contexte, à tel point qu’il fut banni par la commune de Cluny, on comprend aisément pourquoi tout en restant dans le sujet.
Lecteur, lectrice, ta patience m’impressionne ! Tu est toujours là, fidèle. Je t’aime.
La commune de Strawberry, par contre, garda le suffixe pendant la Guerre de Cent Ans; d’où la chanson célèbre : Straberrichon for Nevers.
Citons encore la commune Auvergnate de Chauchy, capitale de la cochonnaille bougnate, qui garda cette même déclinaison pour des raisons publicitaires évidentes.
J’ai acheté ce matin deux volumes de l’oeuvre de Spinoza; ça n’a aucun rapport avec ce texte mais y ajoute une pointe de sérieux et de culture qui commence à te faire entrevoir l’entier du mandala, n’est-il point ?
Bref, le français permet, à qui s’y intéresse avec passion, des découvertes magiques, au coin d’un mot, d’une phrase, d’une rime.
Voilà, Lecteur, Lectrice, tu sais tout et si, par une introspection dont je te crois capable tu admires le mandala créé par ton esprit cultivé, tu y verras une beauté inutile qui te ravira, un instant, aux affres de ta vie quotidienne.
Sois-en remercié, sois-en remerciée.
Olivier, Angers, le 1er juillet 2025
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Ah oui j’oubliais : Peloton, Anjou, feu !
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