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Ah mais ça !
Je lisais dernièrement :
» L’homme marié se prépare une douce vieillesse, tandis que le vil papillonneur en recherche du grand’amour se prépare une décrépitude toute de solitude « .
Ce n’était pas exactement écrit d’aussi jolie manière, mais l’idée-maîtresse est clairement exprimée : Le méchant est puni, le vertueux est gratifié.
Je lis Spinoza; c’est un homme incroyable Spinoza. La vie seule de cet homme est incroyable, vraiment. Qu’en dirait-il ? Qu’il faut vérifier avant de croire à quoi que ce soit et que, même après, il faut éviter de croire. Enfin non, il dirait que c’est fort bien de croire, mais que c’est une idée étrange que celle de penser qu’on a raison.
Soyons binaires pour notre analyse; non que la binarité soit élégante, les dégradés font ma joie, les gradés moins.
Nous avons donc, codées sur deux bits, quatre possibilités :
00. Marié et heureux en couple : ça existe. Des couples qui durent, avec des hauts et des bas, la vie, les enfants parfois, parfois pas. Un bonheur qui s’est cultivé comme jardin, avec conscience et patience, avec un apprentissage de l’autre progressif, tout en acceptation … Ou pas; parfois c’est alchimique et on évite les « pourquoi » qui pourraient briser la magie. On meurt trop tôt, ou elle, mais trop tôt.
01. Marié et malheureux en couple : ça existe aussi; on aurait dû, avec Maria du restaurant, mais elle était pauvre, étrangère. On aurait dû, mais voilà. Et on n’avait pas imaginé l’incroyable violence des souvenirs qui vous giflent au détour d’un parfum, d’une chanson. Vit-elle encore Maria ?
10. Célibataire et malheureux en solitude : ça existe je pense. On a l’idée d’un bonheur à deux, et cette idée vous pourrit la vie en continu, comme un paravent maléfique cachant la beauté du monde. On aimerait la partager, la beauté du monde, mais à force de l’inféoder à une autre idéalisée, on ne la voit même plus. Si je meurs, qui s’en apercevra ?
11. Célibataire et heureux en solitude : ça existe je crois. Même s’il ne reste plus que des souvenirs, ce sont ceux de Maria, de sa peau, de son rire, de son français approximatif, des « Corazon » à la paëllesque délicatesse. Ça n’a pas marché, mais on l’a vécu. Maria vit encore, et elle vivra là, pour toujours.
Tout cela est bien binaire et une infinité d’autres possibilités sont envisageables. Citons le stratégique qui se marie vieux mais juste avant de passer l’arme; c’est un tout malin celui-là !
Bref, papillonner est un joli mot; quel est son pendant ?
Boeufiser ? Caillouxtiser ?
Peste soit des généralités qui vous donnent envie de croire en elles !
Sacré Baruch !
Orbe, le 14 août 2025
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Quel que soit votre avis sur mes considérations, un gentil commentaire sous le monsieur souriant sera le bienvenu ! C’est ainsi je crois.
