


Le titre de ce texte pourrait suggérer une altération de la gravité dans un contexte futuriste; il n’en est rien. Pour vous en assurer, lisez ce qui suit.
La vie, cette inlassable pourvoyeuse de situations cocasses, a pour moi des égards qui parfois m’échappent sur le fait mais qui, comme par un malicieux hasard, me reviennent au moment idéal, c’est à dire maintenant.
Mais encore me direz-vous ? Patientez j’y viens.
Je suis l’heureux propriétaire d’une petite maison contigüe de style mexicain, plantée en pleine campagne vaudoise par un architecte que j’imagine nostalgique de ses amours avec Maria della Pampa, aux yeux noir profond, à la hanche rebondie et à la voix chaude comme seules l’ont les filles de la Pampa, pour autant qu’elles se nomment Maria. Ma maison est un joli parallélépipède rectangle, supérieure d’une ligne qui en compte cinq.
Je me désole déjà d’avoir à utiliser un de ces mots cuistreux au prochain paragraphe, mais il faut savoir évoluer dans le mauvais sens avec le monde et ses modes absurdes.
Bref, au niveau organisationnel, quelle horreur ce mot, nous sommes ce qu’il est convenu d’appeler « une propriété par étage ». Cela ne signifie pas que mes voisins aient le moindre droit de débouler dans ma chambre à coucher, se trouvant au second. Ils en sortiraient certes émerveillés, mais voilà ils n’en ont pas le droit et c’est très bien ainsi.
Je me permets maintenant d’évoquer avec toi, Lectrice immersive, Lecteur subversif, un joli souvenir qui me fait encore fondre d’une tendresse toute anatomique : Etant arrivé récemment, je croisai dans l’allée commune un voisin à l’allure sympathique qui s’avança vers moi, me tendit la main, la secoua, et me dit d’une voix fleurant bon un sud à chemise ouverte sur torse poilu :
– J’ai des couilles !
Ne sachant que répondre vu que la mélodie de sa voix ne me permettait pas d’identifier une intention affirmative, exclamative ou interrogative, je me contentai de hocher la tête en souriant et le laissai aller plus avant dans une description que j’espérais plus décente. Je ne me rappelle absolument pas de la suite des paroles, mais il en ressortit que ses testicules étaient l’avant-garde d’un caractère bien trempé et que nos rapports seraient des plus cordiaux, seule option possible au fait de recevoir un coup de boule. C’est singulier et ça vaut mieux.
J’avais une forte envie de lui rétorquer qu’en cas de conflit ma main d’ours n’aurait pas la délicatesse d’aller se poser à l’endroit précité, mais je m’abstins car je ne me vautre dans la vulgarité qu’avec des amis choisis, lors des soirées de sport à la télévision, avec des bières et des saucisses grillées. Autant dire jamais.
La suite fut des plus conventionnelle; je me sentais virilement accueilli, parlai pétanque et cochonnet, pour rester parallèles, et cette anecdote s’arrête ainsi, car c’est ainsi que je la vécus.
Mais, et je l’ignorais alors, il existe un rite précis et immuable qui préside au bon fonctionnement de notre « pépéhé ». Je veux bien entendu parler de l’annuelle et fabuleuse Assemblée des Copropriétaires, sous la direction de nos administrateurs.
Mais voilà, il se fait tard et je remets à la semaine prochaine la rédaction de ces palpitants instants.
Tu piaffes, Lectrice insomniaque ? Tu martelles du sabot, Lecteur amorphéique ?
Ce sont des choses qui arrivent. Je vous souhaite une bonne nuit les amis
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Si vous aussi vous en avez, ou si vous n’en avez pas, laissez libre cours à votre enthousiasme en laissant un commentaire ci-dessous et courez lire la partie deux de ce texte !
